Hercule

Écrit par Super User le . Publié dans Poésie

Le noble Amphitryon avait pour douce épouse
La vivante Alcmène que son amant jalouse
Fille d’Électrion, le Héros de Mycènes,
Ravissant chaque jour tous ceux qui s’en éprennent,
Émouvant tout autant les dieux fiers de l’Olympe
Par ses yeux ni mortels ni divins d’une nymphe.
Hélas ! Le fils d’Alcée, petit-fils de Persée,
Dut quitter son aimée sans plus controverser
Pour prendre la tête de son armée dorée
Et vaincre l’ennemi thélébéen sacré.
Jupiter, vivement ému par cette grâce
Fragile et sublime, descendit en extase
Retrouver Alcmène la divine mortelle.
Qui pourrait résister aux amours éternelles
Du plus grand de l’Olympe et qui peut foudroyer
Celui qui s’opposerait à sa volonté ?
Qui saurait ignorer son infinie ferveur
Et son art de séduire et troubler tant de coeurs ?
Alcmène s’en éprit et ne sut refuser
La douce tendresse de ce dieu jalousé.
De cette coupable liaison, il leur vint
Le plus grand des Héros, Hercule le divin
Demi-dieu par son père et gracieux par sa mère
Unissant en son sein la douceur et l’éclair.
Lors, Junon, apprenant cet outrage infini,
Désira ne pas laisser l’affront impuni.
Et médita quelque (oh, funeste !) vengeance
À l’encontre de cet enfant de l’insouciance :
Elle mit Hercule sous le joug implacable
De son demi-frère, d’Eurysthée l’intraitable,
Eurysthée plus cruel que le dieu des Enfers.
Ne pouvant plus attendre, Junon veut parfaire
L’horrible fin d’Hercule et envoya vers lui
Deux ignobles serpents pour l’étouffer la nuit
Dans son berceau d’enfant divin et innocent.
Mais ce fut Hercule qui, de son bras puissant,
Étrangla les serpents envoyés par Junon !
Le perfide Eurysthée, monarque de renom,
Le chassa promptement de son palais damné :
Hercule le Héros fut banni à jamais
À moins de terminer douze travaux déments
De par leur vaste ampleur et leur but opprimant.
La première tâche d’Hercule s’annonçait
Périlleuse et folle car son théâtre était
La forêt de Némée aux confins d’Argolide,
La contrée mythique de héros intrépides.
Dans la sombre forêt vivait un lion énorme
Dévorant les troupeaux des bergers qui s’endorment
Et semant la terreur partout dans le pays
En bravant les pauvres paysans ébahis !
Hercule fut chargé de tuer l’animal
Afin que la contrée oublie l’être infernal.
Hercule prit son arc et son noble carquois,
Rejoignit la forêt et cherchant sans émoi
L’énorme créature aux desseins fantastiques.
Dès lors qu’il aperçut le fauve chimérique,
Le fils de Jupiter tendit son arc vainqueur
Et lança ses flèches contre le lion tueur.
Hélas ! Onze flèches se brisèrent tout net
Sur la peau cuirassée que l’Enfer a conçue.
Hercule prit alors son énorme massue
Et frappa l’animal : la massue se brisa.
Le Héros attaqua le monstre et l’entrava
Puis de son bras puissant, il étouffa la bête.
L’heureux fils d’Alcmène dépeça sa conquête,
Et puis il se vêtit de cette peau fatale
Plus impénétrable que le plus dur métal.